FABIENNE CHOPARD

 



VERS UNE AUTRE RIVE
de
Fabienne Chopard



J'ai commencé à écrire il  a 7 ans de cela. J'ai alors pris la plume , et j'ai noirci des cahiers d'écolier.
J'écrivais principalement des Nouvelles , ne me sentant pas assez sûre de moi pour débuter une histoire longue de 200 pages.
J'aime écrire des choses tristes ,lugubres. Les mots me viennent facilement et là , enfin ,c'est le bonheur  ,un bonheur presque jouissif ou l'extase est poussée à son comble lorsque je termine l'écriture de l'une de ces nouvelles .
J'aime aussi écrire de temps à autres des nouvelles humoristiques que je réunirais un jour dans un recueil.
Il y a plusieurs mois,j'ai commencé l'écriture de mon premier roman.
j'ai souhaité faire un essai en ne le publiant que sur le net. j'ai eu de  bons commentaires, ce qui m'a poussé à réécrire ce roman en approfondissant l'histoire.
Cette nouvelle mouture a plu puisqu'il est édité par un vrai éditeur.
J'ai également commencé l'écriture d'un nouveau manuscrit : un thriller psychologique.
 
Ecrire n'est pas un exutoire , c'est une passion, c'est rêver les yeux ouverts...


L'AVIS DU COMITE DE LECTURE

 

Voici, au travers de courts textes, la vie de Martin, homme encore jeune avec ses drames, ses joies, ses souvenirs, vue à travers mes regards ou sortie tout droit de sa mémoire. C’est aussi l’histoire de personnes qui gravitent autour de lui, inconnues ou familières. Martin a quarante ans, quarante ans de réflexions, de souffrances, à traîner sa solitude. Malgré lui, malgré tout. 

 Martin tend à passer en permanence de l'Autre Côté, vers l' Autre Rive d'où on ne revient pas,  ce livre est émouvant malgré l'omnipresence de la Mort qui touche et emporte presque les proches de Martin, cette Grande Faucheuse qui le guette bien qu'il se batte avec acharnement pour garder sa dignité.

Plus qu'un récit morbide et banal ou un témoignage sur la maladie, il s'agit d'une lutte de tous les instants avec une montagne de courage. Martin peut être nous, il peut être l'un des nôtres, un parent, un ami et Fabienne Chopard dans son premier livre, avec sa sensibilité naturelle et son talent prometteur nous livre non seulement un recit bouleversant mais surtout une belle leçon de vie...

Un témoignage émouvant de Françoise Bidois, auteur et  présidente de l'association Acaly nous incite à nous plonger dans ce récit.

 

Prologue

 

 

  Avant, mais… c’était avant, Martin habitait une maison avec Sara, sa femme. La bâtisse était construite sur deux étages et elle offrait une vue imprenable sur la piscine en contrebas et sur le jardin qui l’entourait. Lorsqu’il faisait chaud, aux beaux jours, Martin ouvrait en grand les fenêtres du salon et alors des effluves de chèvrefeuille lui dessinaient un sourire de bien-être sur le visage.

Ils avaient acquis cette demeure retirée de la ville dès qu’ils s’étaient mariés. Ils étaient jeunes. C’était la première maison qu’ils avaient visitée, et ils n’avaient plus cherché ailleurs. Ils étaient tombés amoureux du jardin, des arbres, de la piscine. À l’intérieur, on entrait directement dans la salle de séjour. C’était leur lieu de vie. Les murs y étaient recouverts d’un crépi écru tandis que des poutres de chêne au plafond donnaient à la pièce un air campagnard. Venait s’y ajouter la cheminée, qui rendait l’atmosphère généreuse et chaleureuse les jours de grand froid.

L’été, ils aimaient se détendre entre eux dans la piscine. Le soleil entrait par la porte-fenêtre du séjour, alors Martin et Sara se gorgeaient de soleil sur la terrasse qui donnait directement sur le jardin. Puis on descendait quelques marches pour accéder à la piscine et se rafraîchir lorsque la chaleur devenait intenable. Et tout autour, les arbres centenaires semblaient observer de leurs branches longues et feuillues au gré d’une bise légère, ce couple riant de ces plaisirs simples de la vie.

Dans le séjour de la maison, au centre de la pièce une solide table en bois de chêne rectangulaire permettait de recevoir une dizaine de convives. Accrochés ici et là, quelques tableaux que Sara avait peints, principalement des natures mortes. Elle aimait l’art et, pendant ses loisirs, elle s’y adonnait passionnément. Des couchers de soleil, des compotiers de fruits venaient alors égayer les murs du séjour.

Le salon se composait d’un canapé de cuir brun et de deux fauteuils de même couleur qui faisaient face à la cheminée, et il n’était pas rare d’y trouver le couple le soir après dîner.

Le jardin était protégé des regards indiscrets par de longues haies de thuyas hauts et touffus, tandis qu’ici et là, sur une pelouse savamment entretenue, dominaient acacias, saules et noyers. À l’intérieur de la demeure il faisait bon vivre. En hiver, Martin allumait un feu dans la cheminée et parfois il lui arrivait de s’endormir sur le canapé après sa journée de travail.

Sa femme le laissait alors tranquille jusqu’au dîner. Puis elle le réveillait alors, assise près de lui, caressant la joue de son mari si doucement, qu’elle la frôlait à peine et Martin esquissait un sourire dans son sommeil. Il finissait alors de s’éveiller, et saisissant la main de Sara, il la portait doucement sur ses lèvres.

Celle-ci s’en émouvait à chaque fois et c’était devenu comme un jeu, un rituel, celui du soir avant le dîner. Regards troublés de Martin, pudeur chez Sara. Elle laissait alors échapper un petit rire nerveux, comme une vierge effarouchée à son premier rendez-vous amoureux. Martin souriait, ils étaient heureux.

Mais c’était avant que Sara ne parte.

EXTRAIT

V

 

 

Mathilde

 

 

I

Il fait bon en cette fin de journée, un début de soirée comme un autre. Mais Mathilde n’aime pas sortir lorsque la nuit tombe. Seulement, ce soir, par obligation professionnelle, elle se doit de sortir de chez elle et de parcourir à pied la distance qui la sépare de son travail.

La jeune femme marche d’un pas tranquille, bien que l’esprit tourné vers un ailleurs tendu. Elle presse le pas, sentant un frisson lui parcourir les épaules. Mathilde a dépassé le réverbère qui n’éclaire que son ombre furtivement. À partir de là, les haies se font mouvantes, mues par une brise légère. Allons, du cran ! Elle n’est plus une de ces adolescentes qu’un rien effraie ! Un dernier virage, une dernière haie, et elle sera arrivée à l’hôpital, là où elle soigne.

Elle aime son travail, même si parfois elle rêve de jours meilleurs. Il est vrai que voir défiler la mort chaque jour lui est devenu ces temps-ci de plus en plus pénible. Aussi se trouve-t-elle momentanément de garde cette nuit, et elle en est soulagée. Les malades dorment, paisibles. Et les accidents de la route se font plus rares.

Le dernier réverbère semble éteint et Mathilde presse le pas. Elle aperçoit déjà les fenêtres de l’hôpital.

La dernière haie à dépasser.

Des troènes à moitié fanés formés de trous béants. Les enfants aiment à s’y cacher parfois. Sauf que pour l’heure, le néant y a pris rendez-vous pour accueillir Mathilde

Soudain, surgie de nulle part, une main moite lui happe le visage et se plaque brutalement sur sa bouche en même temps qu’elle sent ses jambes se dérober sous elle.

Elle sait déjà. . .

Tel un boulet, on la jette allongée sur la banquette arrière d’une voiture tout juste garée là. Elle n’y a pas même prêté attention, à ce véhicule, sinon elle se serait peut-être méfiée.

Mathilde est tellement terrifiée qu’elle n’ose se débattre, de peur d’attiser la fureur de l’homme qui lui ligote les poignets. Il sent l’alcool, un mauvais vin rouge bon marché. Mathilde ferme les yeux. Peut-être un cauchemar…

L’homme la gifle violemment et elle sent des larmes de souffrance lui couler le long des joues jusqu’au lobe des oreilles. L’homme remonte sa longue jupe et pénètre rudement son intimité et la jeune femme sent des larmes de honte couler encore et toujours sur ses joues brûlantes. Elle ne bouge pas, stoïque, vaincue, pétrifiée. Elle attend que cela finisse. Elle subit, comme engourdie. L’homme lui arrache son gilet puis son corsage. Mathilde ouvre de grands yeux suppliants.

Qu’importe sa prière muette. . .

Le feu en elle, la douleur irradie son bas-ventre et son pubis. Elle sent du liquide chaud s’échapper d’elle en petits flots réguliers, là, entre les jambes.

L’homme se penche plus avant vers son visage, et lui agrippe les cheveux, là, juste au-dessus du front.

Il donne d’abord de fins petits coups de couteau sur la peau de la jeune femme, entre ses deux seins puis, sa fureur se libérant, ce sont des coups immondes qu’il porte à la poitrine de la jeune femme.

Mathilde qui sent le souffle lui manquer. Sa respiration devient haletante, ses yeux se voilent. À cet instant, elle ne pense qu’à une chose : son retard à l’hôpital.

On l’attend là-bas.

L’homme ouvre violemment la portière et la traîne à même le sol bétonné du trottoir, jusque dans la haie, là où le néant effacera Mathilde. Puis il prend la fuite comme s’il n’avait jamais existé. Comme s’il n’avait jamais tué.

 

Désormais une jeune femme à demi dévêtue râle doucement dans un bosquet fané. Elle porte de profondes lacérations dans le creux de sa poitrine, au milieu du ventre, et le long de ses cuisses le flot n’a point tari. . .

Mathilde, pour la dernière fois, accroche du regard quelques rares feuilles vertes échappées de cette haie fanée. Désespérément elle essaie de cacher de ses mains enfin détachées, une nudité sans fard, morbide, mais ne rencontre que ses propres chairs éventrées. Son regard si azur se ternit en lueurs mortes.

Qui était Mathilde ? Juste une femme sans histoires. La femme de Martin. Elle allait à son travail et elle a fini sa course en victime innocente d’un tueur anonyme que l’on ne retrouvera jamais.

Mathilde. . .

Ce qui est certain, c’est qu’elle y retournera, à l’hôpital, mais au sous-sol, là où il fait si froid. . .

Martin n’apprit la mort tragique de Mathilde que tard dans la nuit. La sonnerie du téléphone sur la petite commode à côté du lit l’éveilla en sursaut. Il dormait d’un sommeil lourd et peina à émerger. La lumière de la lampe de chevet lui fit cligner des yeux et une douleur sourde lui martela la tête. Avait-on idée de réveiller les gens à pareille heure. . .

À moitié allongé sur le côté du lit, et appuyé sur un coude, Martin décrocha enfin le combiné et le porta à son oreille. Il écoutait sans comprendre. Il s’agissait d’un accident, plus exactement d’une agression, Mathilde. . .

Mais elle était à son travail depuis plus de deux heures maintenant. Ce devait être une erreur. Il fallait que ce fût une erreur. . .

Martin était définitivement réveillé. Il tremblait parce qu’il avait peur de ce qui l’attendait. Une intuition. Une voix neutre lui avait demandé de se rendre à l’hôpital où il aurait de plus amples renseignements.

Il s’habilla à la hâte, son pantalon et une chemise blanche, ne prenant pas même le temps de verrouiller la porte d’entrée.

Il se dirigea d’un pas mal assuré vers le service des urgences. La salle d’attente était vide et seule une infirmière de nuit derrière son guichet remplissait des dossiers.

Martin s’avança vers elle. Il souhaitait voir sa femme, elle avait été admise pour une agression cette nuit, et il n’en savait pas plus.

L’infirmière eut l’air embarrassé, elle s’excusa en se levant de son siège, lui demanda d’attendre quelques minutes afin qu’elle prévienne la surveillante et le chef de service de son arrivée.

Martin attendit encore. Il transpirait. Toujours cette angoisse qu’il sentait monter en lui, sortant de tous les pores de sa peau.

Le sas des urgences s’ouvrit au bout de quelques minutes et le chef de service se dirigea vers Martin.

Il parlait doucement, à voix si basse que le jeune homme avait peine à l’entendre.

Toutefois au fur et à mesure qu’il parlait, le médecin prenait de l’assurance et sa voix s’éclaircissait.

Il était désolé, ils n’avaient rien pu faire pour sauver Mathilde qui était déjà morte lorsqu’elle était arrivée aux urgences. Elle avait été agressée violemment, et avait perdu trop de sang. . .

Martin n’entendait déjà plus la suite. Il s’était laissé tomber sur une chaise de cette salle d’attente si lugubre et si peu accueillante.

Martin n’y croyait pas. Il reniait cette mort, mais il lui fallut cependant aller reconnaître sa femme.

Le médecin le fit accompagner jusqu’à la morgue. On lui présenta Mathilde telle une offrande.

Déjà elle ne lui appartenait plus. . .

Il ne voyait que son visage déformé par la peur. Il aurait aimé la prendre dans ses bras, même toute perdue qu’elle était, pour l’apaiser encore, pour qu’elle emporte un peu de Martin avec elle, là-bas. . .

Il aurait voulu effacer ce rictus d’épouvante. Martin enfouit alors brutalement son visage dans le creux du cou de Mathilde, là où d’habitude il faisait si chaud et dont elle aimait cette caresse langoureuse.

Mais cette nuit, il n’arriverait pas à la réchauffer.

Sentir une dernière fois sa peau.

Les larmes affluèrent. Il pressa davantage son visage contre la peau tellement glacée de Mathilde. Martin sanglotait, gémissant sa douleur en baisant la peau de sa femme.

Quelqu’un toussa discrètement derrière Martin. Celui-ci se redressa alors, en affirmant d’une voix tremblante qu’effectivement, c’était sa femme qui gisait là, parmi tant d’anonymes cette nuit-là.

On lui fit signer des papiers. Il ne voulait rien lire, mais revenir chez eux, chez lui, et s’endormir sur l’oreiller de Mathilde, s’imprégner de son odeur de femme.

Au moment d’ouvrir la portière de son véhicule, il se détourna et vomit sur le parking. Installé ensuite sur son siège, il semblait hébété par la douleur, ne pouvant tarir ses larmes. Il ne sut comment il rentra à bon port chez lui, sans attraper d’accident. Il grilla quelques feux rouges et brûla des stops.

Il conduisait en automate.

Martin avait si froid, comme le froid qui enveloppait désormais Mathilde.

Il s’étendit tout habillé sur leur lit, sur son lit, et respira à pleins poumons l’odeur de sa femme, pour ne pas oublier. . .

Jamais.

 

Puis il y eut l’après. . .

Toutes ces choses morbides auxquelles on doit faire face. Le choix d’un cercueil, celui des fleurs, prévenir les amis.

Martin avait souhaité une messe très brève car il n’aurait pu en supporter davantage. Il ne voulut plus revoir le visage de Mathilde depuis le souvenir à la morgue aussi il fit fermer le cercueil rapidement.

Et toujours ces mains anonymes à serrer, des embrassades polies, des remerciements murmurés.

Puis ce vide, ce silence absolu.

Définitif.

 

La mort brutale de Mathilde sonna le glas en Martin.

Il avait tout perdu. Et lentement il sombra. Certes il continuait à travailler, distraitement, mais sa raison vacilla.

Sara, Mathieu, puis Mathilde. Se pouvait-il qu’il apportât le désespoir en côtoyant les rares personnes qu’il aimait?

Il se renferma petit à petit sur lui-même. Martin souffrait. Et cette souffrance, quelque part, le confortait dans son assurance à se sentir coupable : la mort de Sara, il aurait pu l’éviter, être à ses côtés au lieu d’avoir trop bu, celle de Mathieu aussi. Il aurait dû être plus à l’écoute de son fils. La mort de Mathilde enfin. . . Il aurait dû la protéger. . .

 

Les années passèrent lentement, et Martin avançait dans la vie comme à reculons.

Il venait d’avoir quarante ans. Sa vie avait été source de peines. Il avait l’impression d’avoir tant vécu déjà et se sentait infiniment vieilli. Pourtant il était encore jeune et terriblement séduisant, mais peu lui importait. Il lui manquait l’essentiel. . .

Après les décès de Sara, de Mathieu puis de Mathilde, Martin avait fait le vide autour de lui. Il n’aurait pu supporter la moindre pitié.

Le jeune homme était devenu solitaire dans l’âme et il en fut presque soulagé.

Il passait de longues heures allongé sur son canapé face à cette cheminée qui avait fait leur bonheur, à tous.

Son fils. . . Pourquoi l’avait-il si mal connu finalement ? Sa naissance l’avait comblé, donnant un sens à sa vie. Mais il sentait bien que Mathieu restait une énigme, se cachant derrière quelque pudeur de jeune adolescent. Martin n’osait enfreindre ce jardin secret. Il l’aimait ainsi voilà tout. Mais que lui restait-il désormais ?

Rien. . . .

Juste cette demeure remplie de souvenirs.

Martin essayait de vivre, tout simplement. Chaque matin, lorsqu’il ouvrait ses volets, son regard accrochait ce tombeau vide qui lui avait volé Sara.

Le jardin n’en était que plus sinistre et rappelait du même coup le drame survenu lorsque Martin l’observait d’un air hagard.

Alors Martin se résolut à se chercher un autre lieu de vie et à vendre la maison. Il trouva vite acquéreur mais n’eut pas la force de faire visiter la bâtisse. Il voyait Sara, puis Mathilde et son fils, à chaque coin de porte, dans toutes les pièces. Il exécrait cette demeure.

Il s’était acheté, avec le fruit de la vente, un appartement en ville.

Il ne souhaita pas non plus s’occuper du déménagement car ici tout lui rappelait ses bonheurs perdus.

Il fit venir une entreprise, et le soir même il put emménager dans son nouveau logis.

L’appartement était spacieux, mais si froid. . . Il manquait une chaleur, une présence que Martin n’aurait su combler. Du reste il ne le souhaitait pas.

Son père même s’était éloigné chaque jour davantage de Martin et celui-ci en souffrait, même s’il comprenait. . . Il aurait aimé qu’il soit présent. . .

Mais son père était partagé entre plusieurs émotions. Il en voulait à son fils : il aurait dû sauver Sara. Et que dire de Mathilde. . . Quant à Mathieu, il ne s’en remettrait jamais.

Martin ne donnait signe de vie. Il devait s’en vouloir également, pensait-il. Et c’est dans cet état d’esprit qu’il s’éloigna petit à petit de Martin.

Celui-ci, par fierté, laissa le silence s’installer.

Le temps passa, consolidant entre les deux hommes, du même coup, une rancœur malsaine. . .

Martin travaillait toujours autant, cependant il était sur une corde raide, menaçant de flancher à tout moment. Parfois, dans un éclair de lucidité, il se rendait compte qu’il allait bientôt craquer. Alors il avalait bien vite sa salive et serrait la mâchoire pour faire fuir les larmes qu’il sentait monter en lui, inéluctablement. Cela ne pouvait durer éternellement, il sentait la tristesse l’envahir, le submerger lentement, sans rien pouvoir faire ni même se protéger. . .

La veille de ses quarante ans, il partit à son travail comme d’habitude. Mais la nuit n’avait pas été une partie de plaisir et à ses yeux rougis, on devinait qu’il n’avait fait que pleurer. . .

Encore une journée à tenir, encore une, à remplir des dossiers et ensuite, de retour à son appartement, retrouver le silence, immonde. . .

 


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Commentaires (3)

1. simonebrequiet Le 25/02/2010 à 19:34

Je tiens à vous remercier Fabienne, je suis passée chez madame Grassart, acheter votre livre que j'ai repèré ce week-end au salon de l'avenir de Caudry, j'ai longtemps hésité car maman a un cancer en phase terminale, j'ai dévoré votre livre qui m'a donné le courage de rester auprès d'elle jusqu'au bout et de recueillir son dernier souffle comme le papa de votre héros a fait.
Merci encore une fois, je vais suivre votre carrière.
Simone
PS : je passe votre livre à mes deux frères.

moun

2. moun Le 25/02/2010 à 21:41

bonsoir madame

C'est moi qui suis émue de votre témoignage et de l'épreuve que vous traversez.Si mon livre vous a aidé à supporter cette épreuve , alors je n'aurais pas écrit ce livre inutilement.
cordiallement
fabienne

3. edithm Le 06/03/2010 à 10:45

Un livre témoignage qui m'a émue. Vos mots ont réveillés de tristes souvenirs (quelle famille n'a pas vécue une tragédie comme la maladie et la mort d'un de ses membres.)
Merci Fabienne pour vos mots et pour votre style simple mais attachant.
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Dernière mise à jour de cette page le 02/04/2010