I.PAULETICH ET M.GRASSART
Ce livre écrit conjointement, met en évidence deux styles différents, celui de Martine Hollemaert Grassart et celui d'Irène Pauletich.
Qu'est ce que la souffrance, est-elle typiquement féminine ?
Prix : 16 euros
ISBN :
Préface
Chose étrange que la rencontre de trois personnes. Martine que j'ai connue il y a une vingtaine d'années et que j'ai retrouvée il y a quelque temps, alors qu'elle peignait, au cours de mes visites aux expositions de peinture. Puis Irène, que j'ai contactée en septembre 2008 pour participer à mon axposition sur les Ecrivains de Cambrésis. Rien ne nous prédisposait à nous retrouver tous les trois. Et, pourtant...
Je retrouve Martine et Irène, des jeunes femmes cinquantenaires, associées sur un ouvrage (Au delà de la couleur l'Amitié), ou Martine compose des dessins avec son groupe de jeunes enfants sur lesquels Irène construit des textes.
Sans aucun doute, cela ne devait pas en rester là !
Un projet ambitieux les anime toutes deux. Parler de la souffrance. Celle des femmes d'abord, et pour cause, puis celle des enfants et pourquoi pas celle des hommes.
Il n'est pas facile de parler de la souffrance et de la définir, elle revêt tellement de formes différentes et comment les présenter sans sombrer dans la banalité; t c'est là que la peintre devient poétesse. Martine présente son sujet de la femme en souffrance sous forme de poème et Irène le complète sous forme de nouvelles tirées de faits réels dont nous avons eu connaissance par les médias ou par commérages du voisinage, mais bien vite oubliés.
Mais ici rassemblées, on note la portée de l'insupportable tellement nous nous sentons imprégnés de cette souffrance et nous restons ausi incapable de la juguler.
Comme à notre époque, cela semble encore possible, à croire que la cruauté n'a pas de limite et que certains Êtres, ici des femmes, en sont prédestinés.
Comment alors donner un nom à cette souffrance d'une mère rejetée par ses enfants qu'elle a mis au monde et élevés; ou par celle-ci qu'on a obligée d'abandonner son bébé, sa chair, par convenance ou bien encore celle de cette jeune africaine enlevée à sa famille et qui fut destinée à la prostitution et d'autres encore que vous découvrirez au firl de votre lecture.
Âmes sensibles s'abstenir, pourrait-on conseiller mais ce serait de nouveau les ignorer ces souffrances.
Souffrance cachée, souffrance voilée mais souffrance qui ne s'efface et ne s'oublie jamais et qui est malheureusement le lot de beaucoup d'entre elles.
Et qu'on le veuille ou non, que l'on se cache la face ou se bouche les oreilles, ces souffrances représentent une partie de notre vie.
Souffrance que l'on a vue, que l'on a entendue ou que l'on a vécue; Et comme dirait mon Grand-père, on souffre avec elles mais on ne peut rien faire... sinon les lire avec elles, ls condamner.
Hector MELON D'AUBIER
PREAMBULE
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1. Christiane Le 26/10/2009 à 19:16
Etres en souffrance... être en souffrance ... Beaucoup, beaucoup de sentiment dans ce titre. Au XXIème siècle y-a-t-il plus ou moins de souffrance ??? Y-a-t-il plus d'êtres qui sont dans la misère et le malheur ? Je crains que oui. Merci de mettre en évidence ces souffrances et je crois, d' après votre préambule, que vous avez su écrire des mots, des phrases, un livre tout en délicatesse.
Bon succès
2. edmonde Le 25/01/2010 à 21:30
ETRE EN SOUFFRANCE
FEMME EN SOUFFRANCE
Martine Hollemaert Grassart
Irène Pauletich
Préface Hector Melon d’Aubier
Un récit à quatre mains, une double subjectivité. Deux voix qui s'entrecroisent, explorent la souffrance féminine sous ses facettes infinies : la voix poétique de Martine Hollemaert Grassart, écho et reflet de celle d’Irène Pauletich, la narratrice qui, d’une prose sèche, sobre où tous les mots sont pesés, construit des histoires d’une noirceur rare : « Femmes de la guerre, femmes brisées, femmes violées, mères et filles endeuillées », que de drames, de pressions, de femmes en souffrance !
Pourtant, le livre ne saurait se réduire à une alternance de récits et d’intermèdes lyriques ; son écriture n’est pas une écriture de la rupture : un lien organique unit les deux genres qui s’imbriquent harmonieusement l’un dans l’autre en une symbiose où le temps qui les sépare s'abolit de lui-même.
Loin de rompre la linéarité de la narration, la poésie, une voix qui se module en tonalités, mineures ou majeures, graves ou lyriques, à l’instar du chõur de la tragédie grecque, ponctue d’abord l’action dramatique des histoires. Comme les «songs» du théâtre épique de Brecht, elle instaure ensuite un jeu répété d’identification ou de distanciation à l’égard de toutes ces femmes en souffrance, pour les arracher enfin du drame particulier et les élever jusqu’à l’universel. Il s’agit d’une souffrance qui fut, est, sera. Une souffrance qui pourrait être aussi la nôtre comme nous le suggère avec brio Martine Hollemaert Grassart par son emploi récurrent du pronom « tu », ce pronom qui, dans ses vers, perd alors tout ancrage spatial et temporel. Il ne s’agit plus seulement d’Adèle, la femme violée par son mari, Claudie, la femme battue, Samia, la victime de harcèlement au travail, Chloé, l’épouse confrontée à l’alcoolique du mari, Marie dupée par un amant marié ou Francine, la femme trompée, Sylvie, l’anorexique, Adèle, la mal aimée, Stephie, la transsexuelle, Ramina au teint d’ébène, victime du racisme ambiant; Clothilde et Amélie, ces deux mères que les enfants font tant souffrir ; il ne s’agit pas non plus seulement du martyre de Samia brûlée vive, de Zahara, l’enfant noire victime d’un réseau pédophile, d’Isabelle, victime de l’inceste, de Flore, violée, brisée, de Céline, la prostituée, ni seulement du drame d’Edwige qui meurt seule, oubliée de tous, ni celui d’Irma, abandonnée par les siens dans un sombre mouroir… Non, c’est la souffrance éternelle de la Femme qui est évoquée ici, la femme violée, souillée, maltraitée, abandonnée, assassinée… une souffrance qu’elle n’a pas choisie et qu’elle est pourtant obligée de subir. C’est aussi la souffrance qui aurait pu et pourrait être la nôtre si le destin nous avait placés dans la situation de ces femmes.
Des situations terribles, parfois insoutenables. Situations-limite où la voix du narrateur se brise sur l’écueil de l’indicible où la parole s’emmure, avant de finir par se libérer pour éclater dans un essor lyrique - à la deuxième personne. .
Ainsi, les deux voix se complètent : la prose d’Irène Pauletich conte une réalité souvent terrifiante qui la mène jusqu’aux frontières ultimes du langage ; la plume poétique de Martine Hollemaert Grassart prend alors le relais pour jouer le rôle que Vladimir Jankélévitch assignait à la musique, "logos" du Silence," : dire l’ineffable.…
Dire l’indicible, donner à entendre la voix de la souffrance, jusque-là muette, dans le cadre d’une fiction qui épouse le vécu de femmes de milieux tout à fait différents : voilà le défi hardi, que se sont lancées nos deux femmes écrivaines, liées dans la vie par une amitié et une grande complicité. Roman de la souffrance féminine, deux voix distinctes et pourtant unies dans le même désir de dénoncer la souffrance engendrée par la violence, et par là de lui résister et de la vaincre. Deux romancières unies aussi dans le rêve d’amour et d’absolu : celui d’abolir cette souffrance. Et c’est précisément là que réside la dimension éthique de ce livre.
Un livre qui sera suivi d’autres tomes où nos deux romancières au grand cœur continueront à explorer – pour l’exorciser - l’humaine souffrance.
3. sophie Le 05/03/2010 à 17:38
Un livre bouleversant qui vous laisse un goût amer, et où l'on s'interroge sur les souffrances physiques et morales que vivent les femmes de tous temps. Pour la plupart, sans doute par peur des représailles ou du "quand dira-t-on", elles taisent leurs maux qui, au fil du temps les avilissent.
Un écrit à quatre mains qui ne laissera personne indifférent.
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Dernière mise à jour de cette page le 25/02/2010