Née à Nancy et ayant vécu une grande partie de sa vie près de, et à, Lunéville, c’est dans le nord qu’Irène commence à publier ses ouvrages.
La Saga d’Agathe vit le jour sur internet sous forme de feuilleton interactif sur son premier site. A ce jour, 7 ouvrages de cette saga ont été publiés ou sont prêts à l’être, ainsi que de nombreux livres pour enfants.
Elle écrit Quatre Générations pour un Pardon, qu’elle souhaite être une quête initiatique pour les femmes qui comme elles sont au milieu de leur vie, elle met à jour secret de famille, non-dit et manque d’amour qui jalonnent la vie de son héroïne.
Elle œuvre avec des associations et écrira Au-delà de la Couleur, l’amitié, avec les anges de la peinture de Walincourt, puis Voyage au pays de l’Arc en ciel avec l’association des Chtites Nounous et le relais d’assistantes maternelles de Solesmes et enfin Alexis, papa, maman… et nounou avec le relais d’assistantes maternelles du pays de Matisse.
Elle écrira de nombreux livres pour enfants, conteuse, elle lit des histoires à des enfants.
Elle fondera sa société d’édition en février 2009, afin d’apporter une aide aux auteurs débutants.
Elle écrira Etre en Souffrance avec son amie et attachée de presse, Martine Hollemaert Grassart qui sortira officiellement dans quelques jours.
Sur le cercueil de sa mère, Adèle émet un cri qu'elle n'a pas voulu, qu'elle ne comprend pas "PARDON"...
Pardon pour qui, pardon pour quoi ?
Ce cri sera l'élément déclencheur d'une recherche d'elle-même à travers quatre générations : la sienne, celle de sa mère, celle de sa grand-mère et celle de son fils à qui elle a repassé à son corps défendant l'héritage ancestral : le non-amour...
Dans ce livre aucun personnage n'est cité, aucun n'a d'identité, de prénom, à part Adèle. Passé et présent se mélangent.
C'est un joli livre pour tous ceux qui se demandent : pourquoi moi ?
L’honneur, la famille
Parfois, le sort s’acharne et nous rend tributaires du bon vouloir de nos aïeux. De leurs regards sur nous prostrés.
Quand parfois seule face à elle-même, au gré des aléas d’une vie poreuse, qu’advient-il du "elle" ?
L’autre là-bas, adonnée à elle seule, celle qui ne s’est pas pliée au schéma traditionnel, aux bonnes mœurs matriarcales, aux conseils de fortune.
Celle qui n’a eu de cesse de sortir les archétypes familiaux de leurs gonds, de remettre en question la sempiternelle rengaine du "sois belle et tais-toi".
Dieu n’a-t-il pas joué son rôle sacré en ne daignant faire d’elle l’image décalquée d’une lignée idyllique aux accents irréprochables… en apparence.
L’apparence justement. La honte, celle qui fait renier les siens au profit de l’immaculée bonne figure.
Quand le regard des autres érige en tuteur les codes comportementaux à adopter, le culte du secret, la vocation de l’oubli, la fraternité opportuniste.
Le fardeau d’un lourd secret qui se voit ravivé au passage des flambeaux héréditaires, inhumant le "soi" au profit du "eux".
La dignité atavique à perpétuer, quitte à passer sous silence rancœurs et torpeurs d’antan.
Adèle éprise des siens, saura-t-elle passer outre le carcan du passé latent aux attraits souverains ?
Maximilien Missud
Adèle est une femme qui a passé presque toute sa vie en grande souffrance.
Diagnostiquée très jeune et un peu trop rapidement, schizophrène, elle tentera pendant de longues années de comprendre l’origine de son mal-être après avoir inlassablement voulu détruire cette vie qui la faisait tellement souffrir, cette vie qu’elle vomissait jour après jour…
Elle a rejeté tout naturellement la faute sur Mère et coupa les ponts avec sa famille pour vivre une existence triste, sans amour où elle est maintenant rejetée à son tour par son propre enfant.
Adèle est le seul personnage concret de ce roman avec un prénom et une identité propre, les autres intervenants sont désignés par le lien de parenté qui les relie à elle.
Ces personnages resteront volontairement flous, sans nom, sans représentation, portant tous le même masque inexpressif.
Ceci dans le but de bien faire ressortir la détresse et la solitude que cette femme a ressentie dès son plus jeune âge.
À part Fils, tous ces acteurs sont décédés, Adèle ne pourra donc rien réparer par le dialogue avec eux.
Adèle va comprendre peu à peu que l’amour a toujours fait défaut à toutes les femmes de sa lignée, des femmes, meurtries à la suite des deux grandes guerres du siècle dernier et complices d’un terrible secret de famille, d’un non-dit dévastateur.
Elle va également se retrouver confrontée à une horrible constatation : ces dégâts ont été communiqués à Fils, par son intervention à Elle.
Qui est victime ?
Qui est coupable ?
Adèle est humaine, dans un premier temps c’est la haine qui va avec un esprit de vengeance exacerbé la guider.
Lorsqu’elle en comprendra le mécanisme, elle pardonnera bien sûr facilement mais la négation qui a fermé les yeux et les oreilles des siens face à ses propres souffrances et à ses appels au secours désespérés réapparaîtra à la surface.
Quelque chose a absolument besoin de sortir de son être, de son âme…
De jaillir comme lors de la rupture brutale d’un barrage.
Une chose qu’elle va expulser, le jour de l’enterrement de Mère, un cri si longtemps contenu, sortira de sa gorge pendant qu’elle lancera une poignée de pétales de roses dans la fosse où repose son cercueil.
Un cri inattendu de tous y compris d’elle-même, entendu de tous et qu’elle aurait voulu bloquer, ravaler, seulement un mot : PARDON.
Le dernier mot qu’elle se serait autorisé à laisser entendre !
Pardon pour quoi ?
Pardon pour qui ?
Famille et proches s’en sont réjouis : de toute évidence, Adèle regrettait enfin le chagrin causé à sa sainte femme de Mère.
Ils n’ont eu aucune idée de la signification de ce mot pour la fille, ce tout petit mot qui va la guérir, la libérer en un instant après trente-cinq ans d’enfer et d’enfermement.
Elle comprendra que les dégâts sont considérables et seront sans aucun doute difficilement réparables…
Elle a fait mal à ses enfants de la même manière que Mère l’a fait souffrir, cette souffrance qu’elle n’aurait jamais accepté de transmettre en connaissance de cause, avec le sentiment du devoir accompli, avoir fait ce qu’il fallait, ce qu’on lui avait communiqué comme repère éducatif… Mais qui est bien là, ancrée à la nouvelle génération et peut-être déjà à la suivante.
Adèle ignorait jusque-là que jamais elle ne s’était autorisée à trouver l’amour, ni auprès de Mère ni auprès des nombreux hommes de sa vie qu’elle choisissait à son image : caractériels, alcooliques, violents, sans le moindre amour, ni respect élémentaire pour son corps et sa personne, ni même de ses enfants, qui en dépit de ses bons soins, se sont élevés seuls.
Mariages, divorces, veuvages jalonnèrent sa vie toujours davantage insatisfaite, les naissances également se succédèrent, ne comblant en aucun cas l’immense vide affectif qui fut le sien.
Ce gouffre sans fin de non-amour…
Consciente de tout ce gâchis, Adèle va peu à peu reconstituer le puzzle du mal vivre et du mal-être de quatre générations et ainsi se donner le droit de se reconstruire.
Elle acceptera enfin l’idée que la mère idéale est un mythe, un eldorado recherché en vain par chaque femme de sa lignée, ainsi que par de nombreux humains : hommes et femmes.
Savoir est une chose interrompre mais rompre la chaîne en est tout autre, saura-t-elle inverser à temps ce processus qui saccage tout sur son passage ? Lapidant les vies de tant de personnes innocentes.
Saura-t-elle utiliser ses découvertes pour partager l’amour qui est en elle avec ses enfants ?
Pardon… Ce cri a jailli de sa bouche alors qu’elle lançait sur ton cercueil, Mère, une poignée de pétales de fleurs, cadeau symbolique de la paroisse à celle qui pendant toute sa vie a fleuri l’autel du Sacré-Cœur à l’Église du bourg, dimanche après dimanche, année après année, quelles que furent les saisons.
Pardon pour quoi ?
Pardon pour qui ?
Telle est la question que les témoins se sont posée…
Déjà lorsqu’Adèle a béni ta dépouille et qu’elle s’est effondrée en larmes, elle n’a senti sur elle que les regards désapprobateurs de la foule, de tes voisins implacables porteurs de Ta seule vérité : comment peut-elle exhiber autant de chagrin, elle qui ne venait plus rendre visite à sa mère depuis longtemps, elle qui lui avait causé tant de peine !
Elle, mauvaise chrétienne, forcément excommuniée par l’Église pour ses nombreux mariages, divorce et même veuvage, elle qui pratiquait la guérison par imposition des mains, par le secret et sans même en tirer le moindre centime !
Pour qui se prenait-elle, pour Jésus en personne ? Lève-toi et marche…
Elle qui avait quitté le modèle familiale, refusé un beau mariage, un bon travail pour vivre sa vie de bohème…
Elle, qui n’a pas de métier, qui ne pense qu’à écrire et à vendre des assurances !
Trente-six métiers, trente-six galères…
Et pierre qui roule, n’amasse pas mousse…
Et un tien vaut mieux que deux tu l’auras…
Ces proverbes qui l’ont bercée pendant toute sa vie, Adèle les entend, parfaitement, les villageois y pensant tellement fort que pour elle, les accusations silencieuses deviennent palpables.
Il est maintenant tant de faire profil bas, de demander pardon sur la tombe de sa mère, elle aurait pu y penser avant.
Que n’y a-t-elle pas songé plus tôt, la pauvre vieille serait partie soulagée, en paix, elle qui a tant souffert de l’ingratitude de sa fille indigne.
Elle, qui a tant donné…
Pauvre Mère incomprise par la chair de sa chair.
Elle se rapproche timidement de ses frères, de sa famille, Adèle, Fils passe à côté d’elle, sans la voir, comme si elle était devenue transparente, inexistante, un fantôme au milieu de tous ces spectres.
Elle ne fera pas non plus un pas vers lui.
À croire que les soucis intergénérationnels sont héréditaires dans cette famille.
A cet instant, Adèle comprend, qu’un jour les rôles seront inversés, c’est elle qui occupera la boite en chêne et toi Fils, tu seras seul, au milieu de la foule, seul avec toi-même, avec la vérité qui t’apparaîtra toute nue, tu n’auras personne à convaincre, pas même toi-même et peut-être prononceras-tu également un petit mot qui sortira seul de ta gorge sans que tu ne puisses le ravaler avant que tous ne l’entendent.
Tu as sans cesse répété Fils à qui voulait l’entendre « lorsque ma génitrice mourra, je prendrai un bain dans une baignoire remplie de champagne, que je boirai jusqu’à la dernière goutte… »
C’est ton droit, Fils, mais cette boisson sera vite gâchée, surtout si tu pratiques toujours le manque d’hygiène qui a toujours été le tien, au moins achète du mousseux premier prix, ça coûtera beaucoup moins cher et ta colère sortira de la même façon, si elle le veut bien car dans ta famille les sentiments font absolument ce qu’ils veulent.
Les paroissiens bien pensants du village, passent devant Adèle en hochant la tête pour un salut forcé, certains marmonnant poliment « condoléances… ». Une voisine la serre dans ses bras… « Tu as du chagrin, Adèle… Pleure. »
Oui, s’avoue silencieusement Adèle, j’ai beaucoup de peine non parce que tu es partie, Mère, tu avais quatre-vingt-seize ans, tu n’en voulais plus de ce simulacre de vie, pendant toutes ces années où tu te voyais dépendante des autres, grabataire et inutile…
Je pleure à cause de ce gâchis, de ce temps perdu à souffrir chacune de notre côté en étant persuadée d’avoir raison, l’une comme l’autre.
Je ne te demande pas pardon pour le mal que je t’ai fait, je ne t’accorde pas le mien, en prononçant ce simple petit mot pour les torrents de larmes versés depuis ma toute petite enfance.
Je te demande pardon et je t’accorde le mien pour ces non-dits, cette énergie gaspillée à faire semblant, à s’en vouloir, à ne pas avoir regardé la vie en face.
Je te demande pardon pour t’avoir laissé faire de ma vie un tel fiasco… »
Adèle s’était préparée mentalement, à ne pas assister à l’enterrement : il était hors de question qu’elle se déplace, sa présence aux côtés de Mère pour son dernier voyage, n’avait pour elle aucun sens…
Comment pouvait-on envisager un seul instant d’accompagner dignement une personne vers sa dernière demeure alors qu’elles ont passé toutes les deux, cinquante ans à s’éviter, à se croiser sans s’arrêter un seul instant, à marcher côte à côte vers des directions opposées, à éviter également toute communication, ne respectant aucune des différences dont leur vie et leur personnalité étaient faites.
Mère, tu étais une mère qui avait eu beaucoup de courage et surtout pas vraiment le choix, à plus de quarante ans, de se remettre à pouponner pour cette gamine qui était l’accident de sa vie, la catastrophe suprême…
La naissance d’une fille, avec tout le stress et les dangers qu’elle allait engendrer : on pouvait l’agresser, la violer, elle pouvait mal tourner, courir les garçons, tomber enceinte…
On peut laisser sortir les coqs mais il faut enfermer les poules, aimais-tu à répéter inlassablement, Mère.
Elle a été à la hauteur de tes craintes, ta fille maudite, Mère, malgré toute ta bonne éducation, une vigilance et une surveillance de tous les instants, malgré la belle morale dont tu l’as gavée chaque jour que Dieu fit…
Une tentative de viol à quinze ans, quelle honte, il ne fallait surtout pas en parler, par un étranger en plus ! C’était un étranger, issu d’une autre race, une race évidemment inférieure, pour les gens bien corrects, comme toi, Mère.
« Oublie, Fille, il ne s’est rien passé, tu as rêvé, heureusement le plus grave a été évité… Tu as heureusement sauvé ta précieuse virginité, celle qui t’ouvrira les portes à un mariage prestigieux.
Adèle se mettait dans des colères affreuses, Mère, quand elle t’entendait nommer les étrangers : des négros, des marchands de tapis, des mangeurs de riz ou des ritals…
Pourtant on appelle bien un chat, un chat, répondait Mère et Dieu a créé le café et le lait, pas le café au lait… Quelle honte de se faire traiter de raciste par sa propre fille, celle à qui on a tout donné…
Que penses-tu des atrocités de la guerre d’Algérie Adèle, rajoutait Père et la fille se taisait sachant à quel point le sujet était tabou à la maison, mais elle avait lu que les atrocités avaient été sans doute commises dans les deux camps…
Bien-sûr que ce n’est pas grave, Fille, pour une vierge innocente et romantique de quinze ans de découvrir le sexe en érection d’un vieil inconnu qu’on lui met de force dans la main, de sentir des doigts se déplacer dans sa culotte, fouiller son intimité, tandis que ses seins naissants dont elle était si fière étaient pétris, malaxés sans la moindre douceur…
Ce n’est pas grave puisque ta précieuse virginité a été épargnée Adèle, tu t’es dégagée et enfuie avant de subir l’inévitable, comme une fille bien élevée, il n’y a que les filles consentantes qui se font violer !
Heureusement que nous t’avons bien élevée.
Adèle se souvient de l’instant, où après une soirée bien arrosée, elle a offert sa précieuse virginité, sans en tirer le moindre plaisir ou souvenir agréable, à un footballeur qui venait de faire gagner l’équipe de la ville voisine, en marquant le but de la victoire.
Joli trophée, belle récompense pour cet homme qui l’a prise sans douceur, ni préliminaire sur le siège arrière de sa voiture et a oublié jusqu’à son existence quelques instants plus tard…
Il ne pouvait pas la rappeler, ses parents n’avaient pas encore le téléphone, ils ont attendu son départ pour le faire installer, elle les aurait ruinés Adèle à l’utiliser à tort et à travers, comme chacun le sait, le téléphone sert uniquement pour les urgences…
Il ne faudra surtout jamais en parler Fille, à personne, pas même la famille, ni à ton futur mari, de ce viol manqué…
Père pourrait voir sa réputation entachée pour la vie, ainsi que sa carrière détruite.
Il n’a pas mérité ça le pauvre, il a tellement travaillé, as-tu pensé à tout le labeur qu’il a du accumuler pour payer vos études inabordables pour un pauvre garagiste ?
Tout ça pour rien ! Pour vivre avec la honte, la salissure, la souillure suprême.
Mon Dieu, pourquoi m’avoir donné une fille…
Elle a donc ravalé ses questions la gamine, ses craintes, ses doutes sur une sexualité dont il ne fallait surtout pas parler et qu’elle venait à peine de découvrir, pleine de violence et de douleur.
Elle s’est donc tout naturellement réfugiée dans le monde imaginaire et rassurant qui était le sien.
Là où les princesses épousent les princes charmants, où les relations entre garçons et filles ne sont faites que de douceur et de câlins.
Tu as eu quelques précieuses années de répit, Mère…
Bien-sûr la gamine ne se sentait pas bien, ses menstruations étaient irrégulières, de violentes crises de tétanie perturbaient ses brillantes études…
Brillante Adèle ? Plus vraiment…
Plus du tout même, la gamine s’ennuyait à mourir à étudier les sciences et surtout la physique, pour devenir ingénieur.
C’était bien joli en fait, mais elle détestait ça, tu n’en as jamais eu la plus petite idée, Mère !
Tu aurais du la voir, Mère, avec quel acharnement elle a refusé catégoriquement, en cours de biologie, de disséquer une pauvre souris blanche qui était si mignonne et qu’elle a emportée avec elle pour lui rendre la liberté dans le parc, à côté de son lycée…
Même si elle savait que celle-ci ne saurait pas se défendre contre les prédateurs, elle a été sans doute rapidement croquée par un chat, jamais Adèle n’aurait accepté de retirer la vie à un être vivant seulement pour examiner des entrailles qu’on pouvait trouver dans tous les livres de science.
Celui lui a valut un zéro et quatre heures de colle ainsi qu’un avertissement qui vint salir son brillant dossier…
Quelle honte, pour toi mère qui dépouillait sans état d’âme les lapins et fracassait la tête des chatons nouveau-nés contre le mur.
Elle avait bien tenté Adèle, lors de son orientation, de parler de droit, de son rêve de devenir avocate, de sauver les pauvres et les opprimés !...
Quelle idée saugrenue pour une fille…
Un métier de va-nu pied… Défendre des criminels, des voleurs !…
Et puis ces études coûteraient tellement cher que jamais père ne pourrait en assumer le coût, surtout pour une fille qui arrêtera fatalement de travailler pour élever ses enfants.
Pour son grand-frère qui deviendrait un grand chirurgien, c’était autre chose, il représentait la fierté de toute une famille…
Heureusement qu’elle a écouté les conseils avisés de ses parents, frères, professeurs, médecin de famille…
Elle avait accepté de suivre des études scientifiques.
Que pouvait-elle faire d’autre, la Belle ?
QUATRE GÉNÉRATIONS POUR UN PARDON
Le livre d’Irène Pauletich est un cri. Un cri qui explose dans une tension portée à son paroxysme.
C’est d’abord le cri poussé par Adèle en lançant une poignée de roses dans la fosse où repose le cercueil de sa mère. Un cri viscéral jailli comme un spasme. Un cri abyssal : « Pardon ».
C’est un cri qui ouvre un gouffre. Une béance d’où jaillit paradoxalement le silence. Le silence glacial du non-amour. Un cri qui ricoche comme un écho sur le mur du terrible non-dit de la première génération pour se répercuter, tel la malédiction du fatum des Grecs, sur les trois générations suivantes. Et l’écho se fait miroir, non pas miroir narcissique, mais instrument de réflexion, comme le miroir de Mallarmé dans la profondeur duquel se reflète et s'abîme notre conscience.
Le cri devient alors cri de guerre : Adèle va littéralement partir à l’assaut de la forteresse du non-dit, elle va s’acharner à percer les mystères qui entourent le poison du non-amour. Dans une véritable quête initiatique, elle va opérer au tréfonds de sa conscience une recherche opiniâtre du souvenir, fouailler sans relâche les blessures de l’enfance qui la hantent, sonder les replis de l’âme des femmes de sa lignée qui ont forgé son histoire et celle de son fils, sa mère d’abord, sa grand-mère ensuite.
Et la catharsis s’accomplit: le cri transperce l’espace du silence pour devenir un cri purificateur qui va balayer les miasmes morbides du passé et ouvrir à Adèle le chemin qui mène du déni à l’acceptation. Ce chemin, c’est aussi celui qui permet de rompre le silence : s’affranchir de la culpabilité de la mère, du secret de souffrance et de désespoir que l’aïeule a porté toute sa vie comme une tare honteuse. Un secret qui à y regarder de près, n’était peut-être qu’une chimère…
Et ce cri primal offre à Adèle une renaissance…
Avec une écriture toute en subtilité, même pour décrire le pire, une écriture toute en finesse pour laisser s’exprimer son « héroïne, sans jamais tomber dans l’épanchement ou céder au registre larmoyant, Irène Pauletich, pose son regard aiguisé sur le vif de l’âme, pour nous livrer avec QUATRE GÉNÉRATIONS POUR UN PARDON un récit à la fois dur et émouvant qui nous pénètre, nous bouleverse, et à la fin nous illumine.
C'était le tout premier article que l'observateur du Cambrésis a écrit à la fois sur l'auteur et sur Quatre Générations pour un Pardon.
Lisez-le ICI
Martine Grassart est la cheville ouvrière de la société Irène Pauletich Editions, elle y est également connue comme peintre et illustratrice.
Avec Irène Pauletich, elle ont décrit (chacune avec sa sensibilité) la souffrance dont est victime la femme de par le monde, celle qui se sait, se voit, fait la une des journaux, mais celle qui est tue, cachée comme une maladie honteuse, qui se cache chez nos voisins, nos amis et même dans notre lit.
Un deuxième essai est en cours d'écriture sur les souffrances de l'enfant, et plus tard, celles de l'homme.
Nous vous invitons à lire ce beau livre, comme une invitation aux femmes en souffrance à ne plus rester seules.
1. christian H Le 01/11/2009 à 15:17
2. Edmonde Le 03/11/2009 à 18:15
Vous devez être connecté pour poster un message.