LAURENT LUNA

Présentation

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Né à Toulouse, l'auteur a été conduit à exercer de nombreux métiers exigeant l'écoute de l'autre. Ces rencontres variées ont contribué à enrichir son écriture, passion qui l'anime depuis près de vingt ans.

Sur les dix-sept romans écrits à ce jour, celui-ci est le premier qu'il livre à l'approbation d'un public amoureux d'histoires troublantes.

Et ce roman est peut-être votre histoire ?

Jusqu'où êtes-vous allés par amour ?

Et jusqu'où iriez-vous par amour ?

Lui est allé "de l'autre côté".

Elle aurait peut-être préféré ne jamais en revenir.

Le prologue

L’album-photo se referma entre ses mains.

 Elle glissa la dizaine de clichés où son fils apparaissait, parfois seul, souvent avec elle, dans une chemise cartonnée qu’elle rangea sous la maigre pile de vêtements entassée dans sa petite valise. Elle la souleva sans effort et fit les quelques pas qui la séparaient de la porte de sa chambre.

 Elle partait. 

  Ou plutôt elle fuyait. 

  Car le temps, ce tueur d’amour, avait transformé le comportement de son mari : ses doux sourires qu’elle aimait tant s’étaient envolés ; ses regards qui disaient « toi et moi, c’est pour la vie » étaient partis en fumée. Et tous ces petits gestes qu’ils partageaient, où tendresse et complicité s’entrelaçaient pour ne faire qu’un, avaient disparu.

 Son mari n’était plus qu’un inconnu. Pire encore : un inconnu qui avait tiré un trait sur ses qualités passées et glorifiait ses défauts comme s’il s’agissait d’un incroyable don, d’un pouvoir exceptionnel.

 L’esprit ailleurs, tourné vers l’incertitude de son avenir, elle venait de lui annoncer son départ. Elle le quittait, pour toujours.

 En une poussière de seconde, le fleuve d’amour qu’autrefois il éprouvait pour elle se mua en torrent de haine. Le barrage de sa raison se fissura.

 Et le monde s’effondra…

 

Leurs pleurs se mêlaient entre eux, mais pour des raisons différentes, pour des douleurs différentes.

 Il la frappait au jugé. Ses mains, grosses comme des battoirs, assaillaient violemment son visage, ses épaules, parfois sa poitrine, avec la force brutale que donnent la rage et l’amertume lorsqu’ils se conjuguent dans un cœur blessé.

 D’abord figée par la peur et l’incompréhension, elle n’avait pas cherché à s’enfuir. Elle ne le pouvait pas. La seule issue possible était la porte du salon, trop loin, derrière lui. Alors ses yeux l’avaient imploré d’arrêter, de mettre un terme à cette brutalité qui n’apportait rien d’autre que la souffrance. Mais il s’était acharné. Et de la voir immobile, ou peut-être de la sentir déjà loin, avait décuplé sa violence. Il s’était mis à cogner de plus belle, toujours plus fort, fou furieux n’entendant pas ses propres cris, couverts par ceux qu’elle poussait à chacun de ses assauts.

 Maintenant elle tentait péniblement de se protéger. Ses bras formaient un piètre rempart contre le déluge de coups tandis qu’elle vacillait et que sa tête résonnait sous le poids de chaque impact. Ses lèvres étaient en feu, le sang s’en échappait. Un ruisseau pourpre glissa sur son cou et finit par imbiber le col de son chemisier blanc.

Engloutie par l’ombre de son mari, elle ne vit pas arriver le coup-de-poing qui l’atteignit au menton, la déséquilibra et la fit partir en arrière ; ses bras battirent l’air, cherchant une prise qu’ils ne trouvèrent pas. Ses talons heurtèrent la voiture à pédale que leur fils n’aurait jamais dû laisser traîner là, mais elle n’avait rien dit, c’était son cadeau d’anniversaire, celui de ses huit ans, fêté sans joie la veille au soir. Elle chuta lourdement sur la table basse en verre qui explosa en une myriade de lames aux contours tranchants.

 Il avançait vers elle, soufflant bruyamment par le nez, comme un taureau préparant son ultime charge, celle qui allait lui donner la victoire. Mais quelle victoire face à un aussi fragile adversaire, jeté à terre et désarmé ?

 Un masque atroce de démence posé sur ses traits, il l’a saisi sous l’aisselle et la souleva.

 Comprenant qu’il allait se remettre à frapper, elle oublia la douleur qui irradiait la moindre parcelle de sa peau et essaya de le raisonner, de lui dire qu’il était inutile de s’acharner, qu’il finirait par regretter ses gestes, que de toute façon elle avait longuement laissé mûrir sa décision de le quitter et que ce départ ne se faisait donc pas sur un coup de tête, sur une envie passagère ; qu’une fois partie sa vie ne finirait pas : il en trouvera une autre, plus jolie, plus gentille, plus attentive à ses désirs, et dont les goûts s’accorderont mieux aux siens. Mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge qu’il enserrait d’une seule main, large et puissante.

Puis vint le dernier geste : hurlant son dégoût pour sa femme, cette vile traîtresse décidée à l’abandonner, il s’empara de la statuette en bronze posée sur le buffet, la fit tournoyer dans les airs, et l’abattit violemment.

Elle entendit le craquement de sa boîte crânienne puis elle s’effondra sans un cri, pantin fracassé par le désespoir et la frustration. Par un flash de folie meurtrière.

 

 La suite ne fut qu’une série de sons et d’images confuses :

 Leur petit garçon pleure et lui, ce monstre, cet inconnu, tente vainement de le rassurer : « Maman est tombée dans les escaliers… Ce n’est rien… On va l’emmener à l’hôpital… ».

 Elle est dans la voiture, à l’arrière. Et son fils pleure encore lorsque la porte automatique du garage se lève, lentement.

 Le soleil l’éblouit, il se glisse entre les arbres qui défilent à toute allure sur le bord de la route.

 Le moteur rugit, les vitesses sont poussées au maximum, son mari roule vite. Très vite.

 Des coups de Klaxon.

 Un camion, devant.

 Et puis plus rien.

 Le néant…

Le début

1

 

 

 Marc Andernos, les yeux rougis de fatigue, sortit du bloc opératoire les épaules voûtées.

   Treize heures passées à seconder le Docteur Jean-Paul Marzin, médecin chef responsable des urgences de l’hôpital, laissait le jeune chirurgien dans un état de fatigue extrême. Sa tension nerveuse se cristallisait sur sa nuque, bloquait ses cervicales et se répandait, par ondes douloureuses, successives et lancinantes, jusque dans ses mâchoires.

   Marc connaissait bien ces symptômes. Ils étaient la représentation physique de son échec. Un échec cuisant dont il n’arrivait pas à se remettre : un jeune garçon était arrivé aux urgences dans la soirée et venait de mourir entre ses mains. Il avait vécu huit ans, et ne grandira jamais. Ses parents, sa famille et ses camarades ne le verront plus sourire de bonheur, ne l’entendront plus rire sa joie ni pleurer ses peines.

 Marc s’en voulait d’avoir perdu ce combat contre la mort. Il n’aurait pas dû opérer ce garçon, il en était incapable : trop stressé par les opérations précédentes, déjà trop fatigué en entrant dans le bloc pour être réellement efficace.

   - Je sais à quoi vous pensez Marc, lui dit le Docteur Marzin en posant une main réconfortante sur son épaule, mais ni vous ni personne n’aurait pu sauver ce petit. Alors ne vous mettez pas martel en tête, vous n’y êtes pour rien, il était condamné avant même d’entrer dans cet hôpital. On ne répare pas un cerveau aussi gravement endommagé.

 Son supérieur avait sans doute raison, l’enfant ne pouvait survivre à un tel traumatisme. La collision entre le poids lourd et la voiture transportant le garçon avait dû être terrible. Le père du petit était mort sur le coup. Quant à la mère, opérée par le Docteur Marzin, elle souffrait de nombreuses fractures et sa boîte crânienne, bien qu’endommagée par le choc, avait protégé le cerveau. Elle vivrait.

   Mais pas son enfant.

   Marc adressa un triste sourire de remerciement au Docteur Marzin, puis il traversa  un couloir menant aux vestiaires réservés au personnel soignant.

   L’endroit était désert.

   Des dizaines d’armoires grises se tenaient alignées contre les murs, lançant à travers la pièce leurs durs reflets de métal froid.

 Il se laissa aller contre la sienne en poussant de profonds soupirs, repassant en accéléré le combat qu’il venait de perdre. Puis vinrent les questions qui risquaient de le hanter durant de longues années : L’enfant était-il une nouvelle victime innocente de la route, ou tout simplement une victime de sa maladresse lors de l’opération ? Ne pouvait-il pas, lui qui se considérait, malgré sa jeunesse, comme un bon chirurgien spécialiste des traumatismes crâniens, tenter de faire plus pour lui sauver la vie ? Pour ne pas avoir à y répondre, il préféra se raccrocher aux paroles du Docteur Marzin : « condamné avant même d’entrer dans cet hôpital ».

 Marc appuya énergiquement sur les nœuds qui bloquaient les muscles de son cou. Mais ces maux n’étaient rien comparés à sa souffrance intérieure, rien comparés aux affres d’une souffrance sans nom que la mère du petit devra endurer jusqu’à la fin de ses jours. Bien sûr le corps de la pauvre femme se remettra de ses blessures, mais qu’en sera-t-il de son esprit ? Comment une femme peut-elle conserver toute sa raison lorsqu’elle sort indemne d’un accident qui a volé la vie de son fils et celle de son époux ?

   Marc caressa du bout des doigts la photographie scotchée à l’intérieur de la porte de son casier. Une larme coula sur son visage quand il atteignit le visage de l’homme qui lui souriait pour l’éternité.

 Existe-t-il un remède pour les blessures de l’âme ? Songea-t-il.

 Marc ne le connaissait pas. Dans le cas contraire, il aurait commencé par appliquer ce remède sur lui-même.

   Il s’essuya au revers de sa manche et sans rendre son sourire à l’homme de la photo, il prit le casque de son scooter, referma son casier et traversa les couloirs de l’hôpital sans prêter attention aux regards des femmes, soignantes, malades ou simples visiteuses, qui croisaient son chemin. Des regards souvent emplis de désir, celui de posséder un être d’une beauté si grande que même le léger voile de tristesse posé sur ses traits ne parvenait pas à altérer.

   Il dévala la série de marche d’escaliers menant au parking souterrain et courut jusqu’à son scooter. L’engin l’attendait fidèlement sur son emplacement réservé et numéroté. Le treize.

   Ce chiffre était-il un signe de chance ?

   Pas aujourd’hui en tout cas.

 Il démarra en trombe, traversa le parking chichement éclairé, et s’élança dans les rues de la ville.

 

 En pénétrant dans son immeuble, Marc passa devant les boîtes aux lettres sans ouvrir la sienne. Il n’attendait pas de courrier. Personne ne lui écrivait, même sa boîte mail restait désespérément vide. Et si certains de ses collègues, disséminés à travers la planète, n’avaient pas rempli leurs blogs des dernières trouvailles réalisées en matière de chirurgie cérébrale, il aurait résilié son abonnement depuis longtemps.

   Il fit quelques pas pour rejoindre la porte de son appartement du rez-de-chaussée, l’ouvrit et, tel un rituel depuis qu’il s’était offert son deux-roues, posa le casque de son scooter sur le buffet proche de l’entrée et suspendit son blouson de cuir à la patère de sa porte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2

 

 

 

   Les fleurs mortes qui ornaient le vase sans eau, posé sur son buffet, lui arrachèrent une grimace qui troubla les lignes fines de son visage. Marc ramassa le bouquet desséché, alla le jeter dans la poubelle de sa cuisine, et fila dans le salon pour écouter les éventuels messages de son répondeur téléphonique. L’appareil trônait peu gracieusement au centre d’une table basse en verre.

 – Vous, avez, six, messages, lui apprit une voix artificielle au timbre féminin, marquant une pause entre chaque mot tandis qu’il s’affalait sur son canapé.

 Probablement pas de courrier, pas de mail, mais des tonnes de messages, c’est toujours ça !

 – Premier, message, reçu, hier, à, 20 heures 32. Conclut l’organe électronique.

   – Docteur Andernos, c’est Dorothée à l’appareil, si vous n’êtes pas encore parti à la clinique, merci de bien vouloir me rappeler à mon domicile. Je vous ai déjà laissé mon numéro à plusieurs reprises, si vous l’avez égaré vous le trouverez aussi dans l’annuaire. Il faut que nous ayons une explication franche tous les deux. J’attends votre appel…

 Marc coupa le répondeur et s’affala dans son canapé en soupirant.

   C'était un cas à part : plantureuse - pour ne pas dire titanesque - infirmière des urgences de l’hôpital, âgée d’une quarantaine d’années, soit dix de plus que Marc, elle s’était mise en tête, sans qu’il  sache vraiment pourquoi, qu’il était l’homme de sa vie. Si la différence d’âge ne le gênait pas, la personnalité tout entière de Dorothée le rebutait, un véritable tue l’amour. Déjà physiquement la jeune femme avait une allure peu avenante, voir très disgracieuse ; son corps déformé par des dizaines de kilos de surcharge pondérale. Ensuite et psychologiquement, on ne peut pas dire qu'elle atteignait des sommets de normalité, Marc songeant parfois qu'elle devait souffrir d'un lourd passif amoureux. De ruptures en ruptures son esprit avait dû s’écarter des sentiments sincères, et surtout des émotions saines. Une autre possibilité était qu’après tant d’années vécues aux urgences et d’avoir vu des centaines de corps abîmés, avait affaibli sa raison, ou l’avait façonné pour en faire une femme agressive qui n’hésitait pas à s’en prendre verbalement à tous ceux qu’elle détestait ; c'est-à-dire pratiquement tout le monde, patients de l’hôpital compris.

 De toute façon et hormis les défauts de Dorothée Brodequin, Marc ne se sentait pas prêt à vivre une nouvelle passion amoureuse. Sa dernière liaison s’était achevée sur une porte qui claque et les larmes chaudes du chagrin. La solitude était restée, s’imposant d’elle-même. Et Dorothée, profitant de cette brèche, tentait de s’imposer dans sa vie de célibataire meurtri.

   Si Marc n’avait jamais été trop à l’aise pour communiquer avec la gent féminine, avec Dorothée c’était pire : il butait sur les mots, ses mains tremblaient, et ses pieds tambourinaient à tour de rôle sur le sol. Elle le rendait atrocement nerveux. Sans qu’il sache pourquoi, l’infirmière l’effrayait.  

   Malheureusement Dorothée avait pris ces signes d’inquiétude pour une forme de timidité : celle de l’amoureux transi qui n’ose pas déclarer sa flamme. Dès lors, convaincue qu’elle devrait prendre les devants, elle l’avait suivi partout ;  le rattrapant dans les couloirs de l’hôpital malgré son pas rapide et l’abreuvant d’un flot ininterrompu de propos acerbes sur la médiocrité des femmes en général et, en particulier, de celles qui tentaient de le séduire. Bien sûr elle se considérait différente des autres et de toute évidence elle l’était, mais certainement pas dans le sens qu’elle croyait.

   Très vite Marc regretta d’avoir prêté une oreille attentive à ces interminables commentaires déplacés. Bientôt Il n’arriva plus à se défaire de l’horrible infirmière, la croisant sans cesse lorsqu’il allait au supermarché, la trouvant sur son passage quand il faisait son jogging, reconnaissant son cabriolet jaune dans son rétroviseur à chaque fois qu’il sortait de chez lui. Elle le suivait sans cesse, partout, tout le temps.

   Était-il trop timide ou trop lâche pour aller lui parler, pour la convaincre d’arrêter son harcèlement ? Certainement les deux ! Mais l’aurait-elle écouté ? Aurait-elle seulement compris ses mots ? Probablement pas. Cette femme était totalement accroc. Et sa drogue c’était lui.

   Afin de se débarrasser de l’encombrante infirmière, Marc s’essaya à de maladroites techniques de dissuasions. Il commença par remiser sa voiture dans le parking souterrain de son immeuble et s’offrit un scooter de grosse cylindrée. L’engin, terriblement efficace pour semer l’importune en cabriolet jaune sur la route, s’avéra totalement inutile pour la distancer dans les allées des supermarchés et les couloirs de l’hôpital.

   Sa difficulté à affronter Dorothée vira au comique lorsque, prétextant une subite et inexplicable surdité, il se fit faire d’énormes prothèses auditives, visibles de loin. Malheureusement l’infirmière se mit à lui courir après à travers tout l’hôpital, hurlant à quelques centimètres de ses oreilles d’atroces complaintes amoureuses qui déclenchèrent l’hilarité des agents hospitaliers. Ainsi Marc apprit à ses dépens que la lâcheté ne paye pas et que ses conséquences sont plus graves que le danger qu’elle pousse à fuir.

 Et voilà que maintenant la harceleuse avait réussi à se procurer son numéro de téléphone, pourtant inscrit sur liste rouge.

 En fouillant dans le registre des médecins d’astreinte, comprit-il.

   Elle l’appellerait donc sans cesse désormais, même s’il changeait de numéro.

   Aux grands maux les grands remèdes, il fallait envoyer paître sa timidité et sa lâcheté. Il devait lui parler.

 – Je n’ai plus qu’à vous appeler à mon tour, Mademoiselle Brodequin ! S’exerça-t-il devant le reflet que l’écran noir de son téléviseur lui renvoyait. Je m’en veux déjà du mal que je vais vous faire, mais il vous faut comprendre que c’est pour votre bien.

   C’est tellement nul de commencer comme ça, surtout sur ce ton, et par téléphone en plus. Allez, un peu de courage, tu la verras ce soir au travail et tu trouveras les mots pour ne pas la blesser. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer.

 Il réappuya sur la touche rouge clignotante de son répondeur.

 – Deuxième, message, reçu, hier, à, 20, heures, 40.

 – Je vous vois passer Docteur, tête baissée, devant moi. Vous avez l’air soucieux et… Vous ne me voyez pas ! Vous vous dirigez vers le bloc opératoire. Ouh la, quelle petite mine vous avez, c’en est presque effrayant, même pour ceux qui vous aiment… Allons cher Docteur, dites-vous que, ce soir encore, des gens vont avoir la vie sauve grâce à vous ! Et si vous aviez besoin d’une épaule pour vous reposer, d’une oreille pour vous écouter, de tendresse pour vous réconforter, je serai toujours là… À bientôt…Marc.

 Ça ne va pas être facile de lui parler ce soir. Pensa-t-il avec l’espoir que les prochains messages n’iraient pas jusqu’à une demande en mariage.

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Dernière mise à jour de cette page le 18/01/2010